Voyage à Kirovograd et Brianka en UKRAINE - juin 2005

|   BRIANKA

Participants : Marcel & Huguette G., Jean-Pierre G. ;

Véhicule : Camion-remorque Volvo 40T

                                                                                   

Ce voyage avait deux destinations : KIROVOGRAD (centre de l'Ukraine) et BRIANKA (région de Lougansk, à l'est de l'Ukraine).

En plus de l'aide humanitaire habituelle, ce voyage transportait de l'aide pour un orphelinat de Kirovograd : produits d'hygiène, habits, chaussures, ...

D'autre part, ce voyage transportait 500 colis du projet Ukraine-Russie 2005.

Les voyageurs sont arrivés hier soir (22/06 à 22 h) à Romans. Cette dernière journée de voyage s'est déroulée sans problème.

 

Compte-rendu de ce voyage :

But de ce voyage : répondre à deux appels

Le premier venant d’un de nos amis de Lougansk et actuellement à Kiev. Vitali nous signale la situation difficile d’un orphelinat dans la région de Kirovograd (centre de l’Ukraine) et la présence de chrétiens dans ce secteur.

Le second émanant d’un ami de longue date : Eugène qui habite Brianka (Est de l’Ukraine, proche de Lougansk), qui fait état de nombreux besoins et en particulier la situation assez critique d’un de ses gendres engagé dans un travail de visite de prisons et d’accueil de prisonniers ayant purgé leur peine.

 

Dans ce but nous avons programmé le contenu de la remorque, première étape de notre voyage, pour Kirovograd, puis le contenu du camion, deuxième étape pour Brianka.

Nous donnons seulement, en introduction, les commentaires résumés de Marcel et Huguette sur le centre de réhabilitation des prisonniers libérés à Brianka.
Tous ces renseignements ont transité bien sûr par une interprète chrétienne nommée Zinaïda venue spécialement de Karkov et qui parle très bien le français.

Merci à elle pour son précieux service.

 

C’est le gendre d’Eugène : Sergeï (encore un autre Sergeï ! !), lui-même ancien détenu converti qui s’est senti appelé à visiter les prisons et se charger d’accueillir les libérés.
Un centre de réhabilitation pour 8 personnes a donc été aménagé dans des locaux accolés au centre de vie de l’église de Brianka : chambres, cuisine, sanitaires, atelier… Actuellement ils se trouvent seulement 4, (de 24 à 50 ans). Tous ont travaillé autrefois aux mines et ont une santé fragile. Sergeï les occupe sur place (aménagement des locaux, réparation de fauteuils, divans pour des particuliers….). Aucune aide des pouvoirs publics.
L’assemblée de Brianka les rétribue pour le gardiennage des bâtiments de l’église et du centre (12 dollars par mois !).

A noter au passage qu’ils ont surveillé le camion pendant les 3 nuits de notre séjour là-bas. Le problème du financement et de l’encadrement de cette œuvre est aigü.

Au vu de l’emploi du temps affiché, nous avons pu constater que la lecture et l’étude de la Parole de Dieu occupe une bonne place : une le matin à 7h30, une le soir à 17h.

Place est faite maintenant à quelques impressions de voyage, avec son lot de péripéties, de Jean-Pierre, dont c’était le premier contact avec ces terres de l’Est.

 

VOYAGE AU BOUT DE LA TERRE ….

Enfin un appel téléphonique : c’est Marcel, prépare tes affaires on part demain. Le sac est prêt depuis longtemps car la commission de Kiev doit statuer …. et puis les jours passent, les semaines et enfin un Fax est arrivé on peut partir.

Rendez-vous à Mours près de Romans, il fait beau, on remplit les coffres : vivres pour longtemps, quelques effets personnels et nous voilà partis pour l’aventure. Je précise trois personnes : Huguette comme gentille accompagnatrice, Marcel comme habitué de cette aventure et le petit nouveau comme aide-chauffeur.

Enfin on ne m’a pas tout expliqué mais il faut très vite que je m’intéresse à toute l’intendance, je précise : certificat de transport, certificat de donation, personnalités à connaître… enfin, vous avez compris, si jamais je devais refaire un voyage je serais formé !

Revenons au départ, le ciel est bleu, le soleil brille et nous voilà lancés sur l’autoroute pour traverser la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, pas de problèmes. Le Volvo accomplit son 62 km/h de moyenne, il faut ménager la machine et les hommes. La douane Autriche/Hongrie si redoutée il y a quelques années ne pose pas de problème et nous pouvons nous lancer sur ces terres de l’Est.

Notre voyage passe par l’incontournable Joseph qui nous accueille comme il a toujours su le faire et nous charge de vous saluer tous.

Le lendemain nous nous dirigeons vers ce pays dont Marcel m’avait longuement décrit la qualité de ses infrastructures et en particulier l’état de ses routes.

Au fait j’allais oublier l’étape la plus importante : il faut pénétrer dans ce pays par une vraie frontière.
Aussi il faut faire appel à Vassia de Moukatchévo qui va accompagner Marcel de bureau en bureau et l’attente se prolonge pour les gardiens du camion je veux dire Huguette et moi-même.

Enfin après 5 heures et 15 minutes nos deux comparses reviennent en se réjouissant de ne pas avoir eu quelques poignées de pâtes à déclarer dans le chargement.

Vu l’heure nous rejoignons Moukatchévo pour passer chez nos amis une nuit réconfortante. Déjà les quelques kilomètres parcourus en Ukraine nous mettent tout de suite dans l’ambiance de ce qui nous attend.

Et nous voilà repartis à traverser les Carpates, la route nous surprend, même Marcel est admiratif du revêtement presque impeccable mais la suite va très vite nous ramener à une réalité que je pourrai décrire ainsi : Marcel cramponné au volant 40 à 50 à l’heure maximum, Huguette ne résistant plus en position assise a choisi la position couchée pour répartir les chocs sur une surface plus importante et le petit dernier essayant mais en vain de récupérer tout ce qui sur le tableau de bord, sur les étagères se retrouvent tapissant le sol de la cabine.

Le médecin, Dédé* pour les intimes, André pour les moins initiés fut consulté (car il s’agit d’une panne) mais à cette distance son stéthoscope ne fonctionne pas. Aussi nous devons continuer avec l’espoir d’arriver au plus vite.

* Il s’agit bien sûr d’André Loriol, « franchisseur » des Carpates lors du précédent voyage à Marioupol ! (NDLR)

Et voilà Kirovograd à l’horizon et Nicolas Tomilo fidèle au rendez-vous. Même si nous sommes dimanche après-midi à l’heure de la sieste, le douanier est réveillé et la remorque entreposée en lieu sûr à la douane.

Le lendemain après seulement une heure de papiers nous pouvons repartir sans décharger la remorque car je ne l’ai pas encore précisé mais les Ukrainiens nous imposent de rejoindre Brianka avant le 15 soit 6 jours après être entrés en Ukraine.

Nous voilà donc repartis sans la remorque et le camion devrait être plus maniable pour ne pas dire plus confortable…Eh bien non, notre machine s’obstine à nous ballotter de tous côtés.

Aussi, cette fois, Huguette est prête à prendre le train ou l’avion pour le retour. Nous sommes dans l’obligation d’étudier le problème plus sérieusement, ce que nous ferons à l’arrivée à Brianka.

A Brianka c’est Eugène qui nous accueille avec la pétillante Zinaïda qui va nous être d’un précieux secours.

En effet nous arrivons le mardi matin à 10 heures 30 et pour le novice que je suis j’imagine un tampon à la douane et l’après-midi nous déchargeons le camion.

Que neni, sur des dates qui ne correspondent pas, c’est un refus catégorique, pas de tampon, pas de déchargement, impossible de laisser la marchandise et de rentrer à la maison, nous ne pouvons plus franchir les frontières. Tout est envisagé : nous installer dans le bureau du douanier, prendre pension chez lui… ce n’est pas la solution.

Nous nous tournons vers celui qui peut seul débloquer la situation, notre Seigneur que nous allons solliciter bien des fois par jour.

Pendant ce temps Eugène, Zinaïda et Marcel se lancent dans un marathon extraordinaire qui va les conduire à Brianka du douanier au chef supérieur, à Lougansk du portier au chef suprême avec chaque fois explications, palabres en patois local. Aussi, bien souvent, Marcel s’assoupit un moment surtout si le fauteuil est moelleux…

Et cela va durer le mardi, le mercredi, le jeudi, quand brutalement à 13 heures 46, alors que nous allions manger la soupe au choux, notre Marcel, toujours le même, nous donne l’ordre de faire chauffer le camion, le reculer et le décharger sans plus attendre car il a obtenu le tampon qu’il voulait et un douanier pour surveiller le bon déroulement des opérations.

A 16 heures tout est déchargé mais ce n’est pas fini il faut encore une signature pour pouvoir repartir vide et le marathon, dernière manche, est reparti sous chef, grand chef et enfin à 19 heures 30 le dernier paraphe est apposé et toute l’équipe est soulagée : Merci Seigneur.

Dès le lendemain nous repartons car nous sommes attendus pour décharger la remorque. Au fait j’allais oublier, nous avons profité de ces vacances forcées pour examiner notre machine infernale.

Et voilà le petit dernier habillé avec de vieux vêtements, couché sous le camion pour un examen mécanique : une tige nous semble bien pendante et la biellette la reliant au moteur est arrachée. La remettre est presque un jeu d’enfants avec bien sûr un étau emprunté à un atelier voisin et une bonne dose de graisse usagée récupérée sur la figure. Et c’est le miracle, la suspension pneumatique se regonfle et tout rentre dans l’ordre car j’avais omis de vous dire que nous n’avions plus aucune suspension à l’avant du camion. Pour un premier voyage je m’en souviendrai …

 

  • Kirovograd

De retour à Kirovograd nous récupérons sans difficulté la remorque restée sous la vigilance des douaniers et après quelques manœuvres à travers les cours de l’hôpital la remorque est prête pour le déchargement : une partie pour l’orphelinat, une partie pour l’Association Chrétienne Tabita qui reçoit régulièrement de l’aide humanitaire de l’Allemagne, du Canada, des pays Scandinaves et pour la première fois de France.

Cette aide est ensuite distribuée sur toute l’Ukraine dans les maisons d’enfants, dans les maisons de personnes âgées, dans les hôpitaux …

A ce jour ils ont reçu depuis 7 ans, 177 camions soit 167 314 tonnes de marchandises. Cette association est en relation avec les autorités ukrainiennes qui leur indiquent les besoins ; ceci explique peut-être la facilité du dédouanement.

 

  • Nicolas Tomilo

Nicolas nous a reçus à sa table dans un appartement où l’on respire la présence du Seigneur y compris chez les deux enfants Marie et Stéphane avec lesquels Huguette a pu converser en Anglais.

Nous avons pu loger et prendre un repas dans un hôtel à l’hôpital réservé aux accompagnants des malades aisés et au médecin en formation et chose exceptionnelle nous avons déjeuné avec le directeur de l’hôpital qui a même participé au service.

Il nous a présenté son établissement de 405 lits, avec un service d’urgences, des blocs opératoires dans diverses spécialités et bien sûr un équipement vieillissant. Le matériel médical leur fait beaucoup défaut.

 

  • Entre gendarme...

Cette fois le camion complètement vide peut reprendre le trajet retour émaillé de quelques arrêts par la police ukrainienne qui juge que Huguette est de trop dans la cabine mais il nous semble difficile de l’abandonner au bord de la route ! Cependant avec notre patois si différent du leur, le policier lâche rapidement prise.

Une autre fois c’est un policier Autrichien qui examine le disque de Marcel et menace, si nous avons bien compris, de verbaliser. Mais après présentation de sa carte de retraité de la gendarmerie la conversation prend une autre tournure et nous repartons.

 

  • Panne

Dans une descente, soudain une explosion sous la remorque, et c’est la crevaison qui va me permettre de compléter ma formation et surtout de me faire les bras.

 

  • Visites

Et ainsi notre voyage se poursuit avec nos étapes classiques Moukatchévo, visite à Ibolia et à Micha qui nous recommandent de saluer les membres de l’Association Espoir et Vie.

En Hongrie nous nous arrêtons chez Josef pour lequel nous assurons un transport de matériels qui va nous conduire à traverser le Danube par le bac. Marcel est inquiet : le bac est si petit, le Danube si large et le camion si lourd…. Enfin soyez rassurés nous n’avons pas eu à nous jeter à l’eau …qui était bien sale !

Avant de terminer je voudrais quand même rappeler que nous passons bien des nuits dans le camion non sans avoir au préalable reconfiguré la cabine : dépose du troisième siège, mise en place des couchettes, installation d’une planche sur les sièges avec matelas pour le troisième larron et après ces longs préparatifs nous pouvons nous étendre l’un après l’autre en commençant par ceux du fond, si bien que, le dernier couché, il faut attendre le signal du réveil pour faire l’opération inverse.

Pas question de se lever la nuit, aussi il est recommandé de ne pas boire le soir avant de se coucher.

Pour les repas sur la route grâce à nos provisions pas de soucis, les repas sont vite apprêtés avec le gaz de Marcel mais attention il a les oreilles fragiles (je précise le brûleur).

Je remercie mes "gentils" accompagnateurs qui m’ont accordé leur confiance et leur amitié pour cette première expérience.

Jean Pierre G.

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