Voyage à Berkovitza en BULGARIE - juin 2004

|   BERKOVITZA

Participants : Jean G., Gilbert A., Michel L. ;

Véhicule : Camion-remorque F12 40T

  

Ce voyage avait pour destination Berkovitza en Bulgarie, chez Joël Chiron. Il était composé du camion-remorque F12.

Il transportait des chaussures, des vêtements et de la littérature chrétienne (des Bibles et des traités).

Les voyageurs sont arrivés en France jeudi soir (le 01/07). Le retour s'est bien déroulé sans problème.

Compte-rendu de ce voyage :

Ce voyage avait pour but d’apporter de l’aide humanitaire à Berkovitza, lieu de résidence de nos amis Joël et Camélia CHIRON, en utilisant la nouvelle procédure expérimentée en avril à Levski.

Rappelons que la couverture officielle de la Croix Rouge Bulgare ne pouvait plus être utilisée (des contraintes et des frais inacceptables) et que le cautionnement d’une municipalité bienveillante pouvait avantageusement la remplacer. La nouvelle municipalité de Berkovitza paraît assez bien disposée pour ce genre d’action humanitaire et c’est ainsi que ce nouveau voyage a été organisé.

Départ de notre région le lundi de bonne heure. C’est le premier jour de l’été et la courte et très chaude nuit de "repos" à 3 dans la cabine du camion n’est pas précisément du repos ! Les quatre pays à traverser, outre l’Italie bien sûr, se sont réduits en pratique à trois car nous franchissons la frontière slovène sans nous arrêter (la Slovénie vient d’entrer dans l’Europe). Par contre ce n’est pas la même « musique » pour les trois autres :

  • Entrée en Croatie : 5 heures d’attente
  • Entrée en Serbie : 3 heures 30 nécessaires
  • Passage à la frontière serbo-bulgare en pleine nuit (après une erreur d’aiguillage en Serbie) et là, outre 2 heures 30 d’attente, un policier serbe nous fait déballer la totalité des coffres personnels fixés le long du camion (hors zones plombées). Tout y passe : nos effets, notre nourriture, l’outillage d’intervention sur le camion, nos médicaments…Même les pots de confitures sont retournés dans tous les sens ! Du coté bulgare, le policier est franchement éméché. Après cela le premier parking sur le sol bulgare est le bienvenu pour le reste de la nuit.

Jeudi matin, sur une route qui en France serait interdite à la circulation, nous longeons le Danube afin de rejoindre la ville de Lom, point de dédouanement et de rendez-vous avec Joël et Camélia. Un automobiliste bulgare nous double et nous demande où nous allons. Et le voilà qui s’offre de nous précéder et de nous faire le chemin jusqu’au bureau de douanes de Lom. "Sympa", non ?

Joël et Camélia, accompagnés d’un représentant de la municipalité de Berkovitza sont là avec un fonctionnaire venu de Sofia. Ce dernier est un des responsables de l’Agence de l’Aide Etrangère pour la Bulgarie, un service que nous ne connaissions pas encore et qui semble superviser toute l’aide humanitaire dans ce pays. Très chaleureux, il nous a précisé que le nombre de convois provenant des Etats-Unis, d’Allemagne, d’Autriche, un peu de France a fortement diminué. De 700 dans les années passées, il est tombé à une centaine en 2003.

 

A Berkovitza et dans les environs

Vendredi matin, déchargement du camion et de la remorque comme convenu, le premier à l’église, la seconde dans une maison de retraite de la municipalité, toujours sous le regard bienveillant de notre fonctionnaire de Sofia.

En cette fin de semaine, nous avons pu accompagner Joël dans ses visites à de petits groupes de chrétiens ça et là dans les villes et villages.

Nous nous souvenons particulièrement d’un village tzigane qui nous donne une idée de la misère dans ce pays.

Un exemple parmi tant d’autres : un couple de retraités chrétiens (60 à 65 ans) avec une retraite d’environ 35 euros par mois !

Ils survivent en cultivant un grand terrain à 3 km de leur domicile de Berkovitza. Ils y ont installé là une roulotte, une petite basse-cour et y demeurent tout l’été. Encore tout récemment ils disposaient d’un motoculteur et d’une remorque qui leur facilitait les navettes. Mais le motoculteur est tombé en panne, ils n’ont pas les moyens financiers pour le faire réparer et leurs forces déclinent...

 

L’action agricole de Smirninsky

Il convient de faire clairement le point sur cette action lancée il y a quelques années dans le but de promouvoir quelques essais d’autonomie dans le domaine agricole qui nous paraissait le plus accessible.

Nommé "projet Tony" au début, nous avons pu fournir un tracteur et des outils agricoles ainsi qu’une assistance à Tony, puis à Mitko, grâce aux contributions financières de beaucoup d’entre vous et à l’engagement important sur le plan technique de plusieurs responsables de Espoir et Vie. Les résultats des premières années n’étaient pas brillants, comparés à ceux que nous avons coutume d’avoir en France, mais bien des choses pouvaient l’expliquer :

  • l’état des terrains incultes depuis 5 ou 10 ans,
  • une très grave sécheresse en 2002 et 2003,
  • l’habitude de travailler à la méthode "kolkozienne", c’est à dire que l’on était payé à l’hectare labouré que cela soit bien effectué ou mal fait,
  • les difficultés d’obtenir dès le départ une gestion comptable claire, un esprit d’initiative, mais nous avions l’espoir que cela évoluerait.

Le conseil d’administration décidait donc de poursuivre. Il n’a malheureusement pas été possible de parvenir enfin à un résultat positif.

Le bilan de cette année agricole le confirme : le tournesol a été très mal semé sur un terrain mal préparé. La germination ne s’est donc presque pas effectuée. Quant au blé, la récolte, bien maigre, a néanmoins été transformée en farine qui sera distribuée dans le courant de l’hiver aux familles les plus nécessiteuses.

Il a donc été décidé de mettre un terme à cette action qui se solde par un échec.

Et cela nous rappelle la difficulté d’initier des actions économiques sur le terrain dans ces pays sortant du collectivisme.

 

Une visite chez un jeune couple d’agriculteurs

Une visite nous a remis un peu de baume au cœur : un jeune couple, PAVEL et SNEJANA (Blanche-neige en français), éleveurs avec 5 vaches laitières, nous a fait bonne impression par son dynamisme. (Est-ce parce qu’ils vivent dans une zone de collines moins touchée historiquement par le collectivisme ?…).

Ils commercialisent leur lait par vente directe aux particuliers et en tirent ainsi un meilleur profit ; leurs revenus sont toutefois très faibles et cela ne leur permet pas de moderniser quelque peu des bâtiments très vétustes.

Nous leur avons demandé s’ils étaient intéressés par le matériel de la ferme de Smirninsky pour compléter le leur qui est très sommaire !

Ils ont accepté, en nous assurant qu’ils feraient profiter de leurs cultures les chrétiens de la région de Berkovitza.

Nous sommes heureux que notre matériel soit ainsi récupéré et souhaitons qu’il soit mieux valorisé.

 

Quelques informations sur la Bulgarie

Joël Chiron nous dit que la situation économique continue à se dégrader alors que l’insécurité et la criminalité se développent de manière inquiétante depuis deux ans. En même temps, il y a pour plusieurs une recherche de "valeurs spirituelles". Ainsi, dans deux villes au nord-ouest (région de VIDIN) et dans la ville de WRATZA au sud (en direction de Sofia) des personnes ont demandé à entendre la Parole de Dieu et la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ.

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