Voyage à Berkovitza en BULGARIE - avril 2002

|   BERKOVITZA

Participants : Pierre B. et Edouard G.

Véhicule : Camion Remorque Volvo 40t

              

Partis lundi matin, Pierre B. et Edouard G. ont passé la dernière frontière entre la Serbie et la Bulgarie mercredi soir vers 20h.

Au cours de leur voyage, ils ont été un peu ralenti par la pluie et la queue aux douanes, mais tout s'est bien passé.

Le déchargement du camion est maintenant terminé, malgré le retard entraîné par les fortes pluies du Week End. Le retour vers la France est programmé pour demain soir.

Compte-rendu de ce voyage :

Initialement ce voyage avait pour but, outre l'aide humanitaire apportée, de céder le semi-remorque VOLVO F7 à nos amis en Bulgarie. Mais devant la complexité des formalités et la lourdeur des frais de douane liés à l'immatriculation, ce projet a été abandonné. Notre voyage s'est donc effectué avec l'ensemble routier actuel VOLVO F12 (camion + remorque). L'autre but, bien réalisé celui-ci dans ce voyage, était de transporter 21 tonnes de marchandises, soit : 15 tonnes de vêtements, 2,6 tonnes de chaussures, 1,5 tonne de pâtes alimentaires, 200 kg de littérature chrétienne (Bibles, traités de la Bonne Semence), des produits d'hygiène, du matériel agricole en complément du projet "Tony" (semoir à grains, bineuse, sous-soleuse, matériel d'arrosage, le tout donné d'occasion).

Le voyage aller et retour s'est très bien passé, malgré la pluie omniprésente et même la neige sur les hauteurs serbes et slovènes. Nous n'avons eu aucun problème mécanique, grâce à Dieu !

L'attente en douanes a été d'une longueur "normale", bien que cela nous apparaisse parfois long, inutile, et non justifié. Le dédouanement à Sofia, par contre, s'est effectué en un temps record (3h environ).

Le Projet agricole "TONY"

La concrétisation et ses résultats étaient bien compromis ces derniers temps à cause d'une grande sécheresse en début d'hiver. Mais Dieu a répondu favorablement aux nombreuses prières et la pluie est arrivée vers le 10 avril. Des actions de grâce sont alors montées en reconnaissance vers Dieu, (et aux dernières nouvelles du début juin, les céréales poussaient bien !). Nous avons pu constater, de visu, le travail accompli par Tony, son frère Mitko, et quelques autres amis.

Grâce à l'achat du tracteur en septembre dernier, ils ont pu semer 8 hectares de blé un mois plus tard. Avec l'engrais qu'ils apporteront encore et la pluie nous espérons qu'ils pourront récolter les fruits de leur travail et en faire profiter les croyants de cette région, comme cela était prévu.

Nous sommes restés une journée à Roujintzi en compagnie de Tony. Nous avons pu apprécier son ardeur au travail, ses capacités, son envie de faire bouger les choses, d'avancer ainsi que son engagement au service du Seigneur et de ses amis.

Nous ne pouvons donc que nous réjouir d'avoir pu, avec l'aide des donateurs de notre pays, réaliser l'achat du tracteur et du matériel.

C'est aussi un grand sujet de reconnaissance envers notre Dieu qui a mis sa bonne main et béni ce projet.

 

Soif de la Parole de Dieu

Sur le plan spirituel, il semble qu'il y a dans cette région du nord-ouest de la Bulgarie une grande soif de la Parole de Dieu. Cela entraîne une forte croissance des églises, dont plusieurs sont toutes récentes. Le Seigneur travaille dans les consciences et de vraies conversions se produisent.

Louange et reconnaissance montent vers Dieu. Dans le cœur de ces croyants il y a un amour bien réel pour le Seigneur. Mais ceux qui sont "en première ligne" sentent leurs limites physiques et spirituelles. C'est pourquoi ils réclament instamment les prières de tous, de nous tous.

 

Distribution de l'aide

II faut peut-être rappeler qu'en Bulgarie, une fois le déplombage par les douaniers effectué, la distribution de l'aide est libre. Cela n'est pas le cas en Ukraine où dès le projet de convoi, la répartition doit être définie et proposée aux autorités.

Outre Berkovitza, nous avons pu visiter 3 autres villes : Montana, Lom, et Smirninski et y déposer une aide matérielle adaptée aux besoins, aide accueillie avec joie et beaucoup de reconnaissance envers tous les donateurs et les participants ayant contribué à sa préparation. Les besoins sont grands pour tous, mais en particulier pour les Tziganes.

Les problèmes de fond de la Bulgarie demeurent ; pas de couverture sociale valable, donc pas de soins médicaux appropriés, activité industrielle stagnante, corruption, salaires très bas comparés au prix des biens de consommation presque aussi élevés qu'en France.

A titre de comparaison voici quelques salaires mensuels :

  • Un ingénieur des Eaux et Forêts : 250 leva = 128 euros (840 frs).
  • Un ouvrier : 100 leva = 51 euros (335 frs).
  • Un couple "aisé" à 2 salaires (elle, procureur de la République ; lui, ingénieur des Eaux et Forêts) : 600 leva = 310 euros (2000 frs).

 

Le projet en cours à SMIRNINSKI

Dans le bulletin du 1er trimestre (voir nouvelles de Berkovitza, page 3) nous avons signalé un projet d'achat d'une maison à Smirninski (photo ci-contre). A la requête de Joël Chiron, Espoir et Vie a donné son accord pour participer à son acquisition afin de créer un lieu de culte dans ce village. Nous avons pu visiter cette grande maison qui paraît, en effet, très intéressante et d'un prix tout à fait raisonnable (2600 euros = 17 000 frs environ) Ce bâtiment comporte de nombreuses dépendances, donc possibilités d'aménagement de salles supplémentaires, d'agrandissement. Le jardin de 2000 m² va être immédiatement exploité et planté de pommes de terre car il y a l'arrosage sur place (un puits avec de l'eau à faible profondeur : 2 à 3 m).

 

LA SITUATION ECONOMIQUE EN BULGARIE

Dans le quotidien du Sud-Est "Le Dauphiné Libéré", en date du Jeudi 9 mai 2002 est paru un article intéressant au sujet du désir de la Bulgarie d'entrer dans l'Union Européenne.

L'étude de l'envoyée spéciale du journal Hélène VERMARE confirme les dires de nos amis là-bas et les sentiments que nous pouvons retirer de nos visites.

Voici quelques extraits : "La Bulgarie prépare son entrée dans l'U.E. Mais ce sera une longue marche. Là où le bât blesse c'est l'agriculture. Et même si le ministère estime pouvoir être prêt en 2005, la population reste sceptique."

L'article du journal s'intéresse ensuite à une exploitation agricole vétuste de 24 vaches laitières (300 litres chaque jour à 0,28 leva, soit au total 84 leva ou 42 euros) tenue par un couple qui a racheté cette ex-ferme-coopérative après y avoir travaillé 22 ans comme salariés. Comment envisagent-ils, eux, l'entrée dans l'U.E. ? La réponse est nette : "II y a trop d'exigences qu'on ne pourra tenir. Et puis il faut une bonne technique et pour une bonne technique il faut de l'argent. Or ici... Pas évident d'obtenir un financement dans un pays où le taux du crédit dépasse les 15% et où les banques exigent qu'il soit cautionné à 200% !"

Quand à leurs conditions actuelles de travail : "Avant, tout était mécanisé dans la ferme-coopérative. Une conduite menait le lait de l'étable à la citerne, nous avions un tracteur..."

"Mais tout a été volé après 1989" ajoute la fermière, qui admet d'ailleurs sans détour "regretter la grande période du communisme des années 1940 à 1989."

D'une manière plus générale : "Après 1989, décision a été prise de liquider les fermes-coopératives et de rendre les terres à leurs propriétaires. Mais la plupart ne vivaient plus sur place, d'autres étaient trop âgés pour les exploiter ou bien décédés. Résultat : 40% des terres cultivables ne sont pas aujourd'hui cultivées".

"Et tous de reconnaître que cette liquidation a généré un véritable cataclysme. En 1989 on pensait en fait qu'on allait se servir de l'acquis pour l'améliorer, non pour le détruire. Aujourd'hui nous devons repartir de zéro."

Et l'article du journal conclut : "Nous ne croyons pas à une entrée dans l'Union Européenne d'ici à 2007 comme prévu par Bruxelles. La majeure partie des agriculteurs est sceptique. Il y a peu de productions compétitives dans le pays. Et puis nous avons le sentiment que l'U.E. ne veut pas de nous !"

Cette description assez sombre de l'économie bulgare s'inscrit bien dans l'opinion générale.

Si la chute du communisme dans ce pays a eu un coté très positif sur la liberté de conscience, la liberté de rassemblement, la libre diffusion de la Parole de Dieu et du message de l'Evangile, il apparaît que le volet économique est peu brillant. Cela explique une certaine nostalgie de la période précédente chez certaines personnes.

Il est évident que le passage brutal et incontrôlé d'une politique très dirigiste à une économie de marché de type occidental a provoqué un vide dans lequel se sont engouffrées toutes les malversations et exactions tant individuelles que collectives.

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